Shadok En Essayant Continuellement

« Plus ça rate, plus on a de chances que ça marche. » Devise Shadok

« Ce n'est qu'en essayant continuellement que l'on finit par réussir. Autrement dit : plus ça rate, plus on a de chances que ça marche. »

Devise Shadok


Je ne sais pas si les aventures des Shadoks évoquent quoi que ce soit pour les nouvelles générations. Pour mémoire, elles ont fait l'objet d'une série de dessins animés télévisés initiée en 1968 (par Jacques Rouxel) et qui  est sans cesse rediffusée depuis. Elle met en scène les Shadoks, créatures improbables aux apparences d'oiseaux loufoques. Ils passent leur temps à inventer des choses essentielles qui ne fonctionnent pas. La série est commentée par un acteur à la voix inoubliable, Claude Piéplu, indissociable de la série.

Cette citation, « plus ça rate, plus on a de chances que ça marche »
affirme qu'en éliminant les cas statistiquement défavorables d'un événement, on augmente peu à peu ses chances d'obtenir un cas favorable, même peu probable.

Rappelons qu'elle est énoncée alors que les Shadoks construisent une fusée dont ils estiment qu'elle a une chance sur un million de décoller :  ils s'efforcent alors de faire rater le plus vite possible 999999 lancements pour pouvoir en lancer un 1 000 000ème, qui, « statistiquement », devrait réussir.

Loin de moi la prétention de critiquer la logique Shadok - je ne peux même m'empêcher d'y trouver quelques vertus s'agissant d'un aspect particulier : la façon de considérer l'erreur et l'échec dans notre vie quotidienne.







Notre société n'aime ni l'erreur ni l'échec


C'est tellement vrai qu'on les sanctionne, et ce depuis notre plus jeune âge, de commentaires plus ou moins cinglants écrits à l'encre rouge en marge de tel ou tel devoir.

Avec l'erreur, on n'est jamais loin de la faute, et qui dit faute suppose l'existence de coupables... C'est un ressenti que l'on a également dans le travail dans un tout un tas de domaines. On voit par exemple que beaucoup de tentatives d'amélioration de la qualité se heurtent au mur des non-dits : jetons un voile pudique sur nos non-qualités, car vouloir les améliorer, sinon les signaler, c'est aussi reconnaître que nous en sommes en tort.


Nous avons beaucoup à apprendre de nos erreurs


Cela peut paraître évident, mais l'erreur a une vertu pédagogique insuffisamment exploitée. Avant de chercher à faire autre chose, nous avons intérêt à capitaliser sur nos erreurs. Tout cela repose sur un raisonnement en trois (+ une) étapes :
  1. que s'est-il passé d'un point de vue factuel ?
  2. comment je comprends la survenue de l'erreur, ses causes ?
  3. que faire pour que l'erreur ne se reproduise pas ?
  4. je rajouterai une 4ème étape à ce processus : suis-je capable d'identifier l'émotion ressentie ? (pour la verbaliser et ne pas me laisser étouffer par elle)
Il s'agit d'une démarche basique de résolution de problème mais dont nous nous affranchissons le plus souvent faute de temps (ou de motivation).


Mais alors, pourquoi cette démarche basique ne suffit-elle pas à nous instruire de nos erreurs ?


Sans doute que l'une des réponses à cette question réside dans notre manque de persévérance. Et c'est là que la devise Shadok, loin d'être une version pervertie de la loi des probabilités, prend tout sons sens en tant que plaidoyer pour un peu plus de constance dans l'action.

Combien de fois avez-vous renoncé un peu tôt dans telle ou telle entreprise parce que les résultats n'étaient pas tout de suite au rendez-vous ? Je ne connais pas grand-monde qui puisse affirmer qu'il a toujours tenu bon en toutes circonstances.

En y regardant d'un peu plus près, on pourrait dire que ce manque de persévérance trouve sa source dans des facteurs très liés les uns aux autres :
  • objectif inatteignable
  • peur de l'échec
  • inhibition de l'action
  • ce que j'appellerai une sorte de "syndrôme post-traumatique" faisant suite à un échec retentissant et douloureux


Changer son rapport à la réussite


Tout cela n'est pas anodin, et aussi assez injuste, car tous les individus ne possèdent pas la même capacité de résistance au stress, ou la même résilience.

Si vous même vous trouvez dans cette situation, il est peut-être temps de vous faire aider. Si vous voulez à tout prix rebondir tout seul, on peut alors conseiller la démarche suivante :
  1. Tout d'abord, vous devez absolument changer votre conception de l'échec : en particulier, le fait d'échouer dans une action donnée ne vous remet pas en question en tant que personne, ce sont les actions que vous avez entreprises qui sont à questionner.
  2. Dans le même ordre idée, vous pouvez également redéfinir vos objectifs pour les dimensionner à vos capacités, et aussi les fractionner pour avancer progressivement vers votre but ultime.
  3. Il n'est inscrit nulle part que la réussite est le moteur de l'existence - faire des choses est certes important, mais il est sans doute plus important de mieux être et d'exister bien
  4. Ensuite, il suffit de se pencher sur les grandes réussites pour se rendre compte qu'elles sont le fruit d'une constance et d'une récurrence que l'on met rarement en avant. On pourrait opposer à ce constat que beaucoup d'inventions sont le fruit du hasard. Cela ne remet pas en question le fait que les gens qui ont trouvé par hasard ont quand même cherché longtemps autre chose (penser à Christophe Colomb, qui tombe sur l'Amérique en cherchant les Indes !).
  5. A côté de beaucoup d'échecs, il y a aussi un certain nombre de réussites : ne pas oublier de les valoriser, car elles permettent de relativiser l'échec et d'augmenter sa confiance en soi.
  6. Enfin,le retentissement d'un échec est inversement proportionnel à la place qu'on lui laisse pour s'exprimer. Autrement dit, il est important de se dire les choses (ou de les dire à autrui) pour en diminuer l'impact et pour commencer un début d'analyse sur ce qui est passé. Dans un jeu d'équipe, le débriefing a autant d'importance que la préparation.
  7. Si malgré tout cela, vous sentez que vous n'y arrivez pas, vous pouvez vous questionner sur l'environnement dans lequel vous évoluez : l'idée est de se mettre en position de réussir, et donc de favoriser le contexte et les compétences qui vous permettront d'augmenter vos chances de réussite.
Et pour finir, je ne résiste pas à la tentation d'une autre devise Shadok qui devrait vous convaincre que le problème n'est peut être pas là où vous pensez qu'il est : « S'il n'y a pas de solution, c'est qu'il n'y a pas de problème. »



Lien vers site des Shadoks : http://www.lesshadoks.com


L'erreur est bénéfique...pour qui la corrige! (ce que ne font assurément pas les Shadoks, trop occupés à être obstinés dans leur bêtise...).

Pour cela, l’enseignant doit faire partie de ces personnes "déraisonnables" qui voient des opportunités là où d’autres ne verraient que des obstacles.

Quant à l'élève, il doit garder à l'esprit que, d'une certaine façon, il n’y a pas d’erreurs, pas de coïncidences. Tous les évènements qui surviennent lors d'une séance de travail sont autant d'opportunités qui nous sont données pour apprendre.
C'est d'ailleurs en grande partie par la correction des erreurs que se construit l'expérience (cette fameuse lanterne que l'on porte sur le dos et qui n'éclaire jamais que le chemin parcouru!).

La vraie faute est celle que l’on ne corrige pas. En définitive, quand on a le droit de se tromper impunément, on est toujours sûr de réussir!

A méditer par tous!



les Shadoks, d'après Jacques Rouxel.

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